Uwe Boll, ce génie !

 

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Connaissez vous le point commun entre Dungeon Siege, Far Cry, Bloodrayne, Postal et Alone in the Dark ? Outre le fait que ce sont tous d’excellents jeux, ils ont tous été passé à la moulinette par Uwe Boll.

 

 

 Mais c’est qui ?

 

Uwe vous salue
Uwe vous salue

Pour situer un peu le personnage et bien comprendre son intention, il est important de retracer un peu son parcours. Né dans le charmant petit patelin de Wermelskirchen en 1965, Uwe Boll est un cinéaste allemand qui s’est fait une spécialité de massacrer les adaptations cinématographiques de jeux vidéo. C’est en 1991 qu’il commence sa carrière de réalisateur avec German Fried Movie, qui se veut comme un  hommage au cultisme Hamburger Film Sandwich des ZAZ (qui seront les scénaristes de la non-moins culte série des « Y a-t-il un flic…« ). Le film est un échec mais ça n’empêche pas notre bonhomme de réaliser plusieurs autres films dans la foulée. On y retrouve pèle-mêle : Amoklauf (une tentative de chronique sociale hardcore nanardesque au possible), Das Erste Semester (une comédie romantique) ou encore Barschel – Mord in Genf ? (un docu-fiction sur la mort du politicien allemande Uwe Barschel). Bref, Boll est un touche-à-tout !

Ces premiers jets cinématographiques sont sans appel, Uwe est aussi doué pour la réalisation que Rocco Siffredi l’est pour la physique des particules. Une question se pose alors. Comment est-ce qu’un réalisateur si incompétent arrive encore à trouver du financement ? Il faut savoir qu’en Allemagne, le milieu du cinéma est subsidié par l’Etat… Donc en gros, si vous vous présentez avec un projet professionnel, il y a de fortes chances que vous repartiez avec une bonne partie du budget nécessaire. Si Uwe avait été français, sa carrière n’aurait jamais décollé.

En 2000, il crée sa propre société de production « Boll KG » et réalise plusieurs films dans la foulée. Il y aura Sanctimony, Blackwoods et Heart of America. tout ça pour arriver en cette année fatidique de 2003. En cet an de grâce, Uwe et les investisseurs de son studio décide de commencer à adapter au cinéma des jeux vidéo populaires. La raison est trés simple, en profitant de la large popularité de ces œuvres, ils s’assurent un plus grand nombre de ventes vers les pays étrangers (car les films de Boll ne passaient quasi jamais la frontière allemande) et également des besoins publicitaires moindres. Ce virage « artistique » est purement commercial et le studio ne le cachera jamais (encore maintenant d’ailleurs). Le gros soucis étant que Boll n’est absolument pas fan de jeux vidéo et le confesse très rapidement, ce qui déclenchera les premières vagues de colère de la part des fans des jeux vidéo qui seront annihilés par ce dernier.

 

 

 

Level One

 

Et c’est ainsi qu’en 2003 sort House of The Dead, film s’inspirant du célèbre rail-shooter de chez Sega. Vous vous demandez comment faire un film sur un jeu d’arcade ? Si vous trouvez la réponse, vous pouvez envoyer la réponse à Boll tant le film est un échec total au point de vue réalisation. Et pourtant malgré un tournage expédié en un mois et un scénario en mousse, le film est rentable ! Pour un budget de plus ou moins 7 millions de dollar, le film en rapporte plus de 15 ! Et malgré le fait que le film soit un des pires de l’année 2003 par les critiques et les spectateurs , le joli retour sur investissement confirmera à la « Boll KG » que leur revirement artistique était un excellent choix.

Ils enchaîneront donc avec BloodRayne, Dungeon Siege (avec Jason Statham !!!), Postal et Far Cry. Et à chaque fois, ce sera la même rengaine. Des désastres cinématographiques mais qui rapportent quand même quelques millions au studio. Totalement dérisoire au yeux du tout Hollywood, mais pour un studio allemand, c’était clairement plus qu’excellent. Comme dit plus haut, Boll KG cherche des profits par tout les moyens, ils ont même été jusqu’à vendre un rôle pour jouer dans l’adaptation de Far Cry sur eBay !

 

 

 

Du studio au ring !

 

Outre le fait que Boll soit un mauvais réalisateur, un autre point attire l’ire des fans. Boll est un sale con ! Alors qu’une pétition qui lui supplie d’arrêter le cinéma circule sur internet et recueille plus de 300.000 signatures, Uwe déclare « Un poing dans la gueule, c’est le meilleur moyen d’aimer mes films ! ». Et c’est ainsi qu’en 2006, Il invite donc ses détracteurs et ses critiques à régler leurs compte à un match de boxe. Quatre personnes (Rich « Lowtax » Kyanka de Somethingawful.com, Chris Alexander du magazine Rue Morgue, Carlos Palencia Jimenez-Arguello le webmaster de Cinecutre et le rédacteur Jeff Sneider du site Ain’t it Cool News) ont tous accepté son invitation. relèveront le défi et se verront toutes perdre leur match. En effet, Uwe avait caché au monde son passé de boxeur pro. Uwe jubile de sa victoire face à des gamins (il y avait un mineur d’âge dans ses adversaires) devant un public de 300 personnes.

 

 

 

Pourtant, Boll continue d’adopter une attitude provocante en déclarant par exemple, en 2007, que « Postal est meilleur que tous les films présentés au Festival de Cannes cette année. Mais quelle que soit la bouse qu’ils aient tournée, ce sont toujours les mêmes réalisateurs qui sont invités« . Vous en penserez ce que vous voulez ! Pour l’anecdote, il essuya un refus catégorique du studio Blizzard lorsqu’il voulu acheter les droits de World of Warcraft. La légende voudrait qu’on lui ait répondu : »Nous ne vendrons pas les droits, pas à vous… surtout pas à vous. Parce que c’est un tel succès qu’un mauvais film pourrait détruire cette source de revenus continue. »

 

 

 

Et maintenant ?

 

Maintenant Uwe semble calmé sur les adaptations vidéoludiques. Il semble qu’il se soit rendu compte que son plan de carrière n’est pas super rentable sur le long terme. Il réalise maintenant depuis quelques années des films plus personnels. Sa réalisation devient de moins en moins intéressé et sa dernière adaptation de jeux vidéo est « Dungeon Siege 2 » en 2011. On retrouve souvent dans ces films de nombreux gimmicks comme une ultra-violence totalement débridée et des scènes de sexe purement gratuites. L’écriture et la réalisation sont toujours aussi maladroites mais on retrouve une sincérité plus grande dans ses nouvelles œuvres. Ce mec est un pro du marketing et a réussi à capitaliser malgré tout ces mauvais buzz. Maintenant un mec qui fait tourner Edward Furlong ne peut pas être foncièrement mauvais.

 

 

 

« You go for it, to please the game fans, but on the other hand if you have the hard core gamers, they live in their own world. And you cannot fulfill their ideas from a video game based movie, it’s impossible, and to be honest, the real gamers are the typical download guys, right? They don’t pay anything for movies, because they illegally download the movies. So why I should please these guys? I need the normal audience. »

 

 

 

 

Nicolas

Nico, 27 ans, touche-à-tout professionnel depuis 15 ans. Je n'ai pas vraiment de spécialité, je m'intéresse vraiment à tout. (et peut-être même à ta soeur). Sinon, j'aime les FPS, les (MMO)RPG, les STR, les simulations, bref, tout ! (Sauf Dark Souls, c'est trop dur !)

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