The Revenant – la critique

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Iñarritu nous avait habitués à des films grandioses et complexes, aux mises en scènes panoramiques et à un enchevêtrement des arcs narratifs, des récits et des décors. Babel nous offrait, en plans horizontaux, les étendues désertiques de l’Atlas et l’histoire d’un fusil. Birdman (dans notre top 5 des films de 2015), tout en pétarade, osait les buildings et la verticalité des villes américaines. The Revenant, chef d’œuvre contemplatif, nous montre cette Frontière mythique de la Conquête de l’Ouest entre hiver, Arikaras et lutte pour la survie.

Filmé uniquement en lumière naturelle pendant moins d’une heure et demie par jour, avec un mercure dansant des claquettes sous une couverture chauffante, ce film a été, d’après les acteurs et l’équipe technique, qualifié de « Living hell ». Les plans grandioses et polaires (exemple : DiCaprio s’enfonçant dans l’eau glacée) ont été tournés sans artifices numériques, ce qui permet de faire vraiment ressentir la détresse des hommes et des corps, rendant encore plus épique cette quête de vengeance exercée par Hugh Glass.

L’histoire, presque classique, d’un homme (ledit Hugh Glass) laissé pour mort, revenant à la vie pour se venger de ses  « assassins », est certes un thème récurrent dans les westerns. Cependant, la détermination lisible dans les yeux de DiCaprio ainsi que le périple – dantesque –  effectué en font un film magnifique sur la volonté de l’humain face aux forces qu’il est incapable de contrôler. Tout au plus, Glass est capable de survivre en rampant, se nourrissant à l’occasion de racines et de viande de bison crue (dans une scène digne de la prestation d’Emilia Clarke dans Game of Thrones), dans cette nature inhospitalière et envoûtante.

Envoûtante car au-delà d’un récit de vengeance, The Revenant est un film contemplatif montrant à qui veut l’admirer cette beauté sauvage de la nature et du nord en hiver.  Les rivières et les plaines enneigées, bien que glaciales, laissent entrevoir cette grâce brutale de la vie sauvage en hiver, oscillant entre plans panoramiques et hurlements d’ours.

Le périple de Hugh Glass, entre « assassins » l’ayant laissé pour mort, indiens arikaras et un groupe de français ayant capturés la fille d’un chef local, l’emportera dans un univers poétique et gelé, ponctué de tirs de colt et de winchester, jusqu’à l’acceptation de cette vérité terrible : il n’est pas le maître de ces terres, il n’a prouvé qu’une seule chose : il est capable de survivre à l’hiver.

En conclusion, entre un DiCaprio époustouflant de vigueur et de rage, des décors d’une immensité pacifique et sauvage, The Revenant est un film contemplatif qui nous offre une confrontation magnifique entre la volonté de l’homme et la rudesse des terres inhospitalières du Dakota du Nord. Si DiCaprio méritait amplement l’oscar du meilleur acteur pour d’autres films (les excellents Shutter Island et Gatsby, par exemple), The Revenant me semble être celui qui l’a poussé le plus dans ses retranchements et dans lequel il a pu montrer à la fois une performance physique extraordinaire et une présence remarquable, et par là même celui pour lequel cet oscar est le plus mérité.

Et vous, vous en pensez quoi ? Mérité ou non, l’oscar ?

Antoine

J'aime goûter à tout ! Que ce soit en musique, en cinéma, ou en jeu vidéo, j'aime découvrir de nouvelles choses. C'est d'ailleurs souvent un problème car je fini rarement les jeux. D'ailleurs, si vous vous apercevez que j'ai fini un jeu, c'est qu'il vaut le coup d’œil !

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