Et le meilleur film de 2015 est…

cine2015

2015 a été riche pour le neuvième art. Mais quel film a vraiment marqué l’année qui vient de s’écouler ?

 

 

Que cela soit chez Marvel, Disney et j’en passe, de nombreux blockbusters ont explosés le box-office cette année. Certains furent bons, d’autres moins, on vous a donc préparé un petit top 5 des films qui nous ont fait avalé notre pop-corn de travers. Avant de continuer, sachez juste que ce top est totalement personnel et ne reprends que les films « pop-culture », ne vous attendez donc pas à retrouver le dernier film français trooooop tendance à Cannes.

 

5- Birdman

Birdman-Affiche

Nouvel opus d’Innaritu, Birdman était un des films les plus attendus de l’année, la présence de Michael Keaton en haut de l’affiche dans un rôle visiblement en lien avec son propre parcours n’y étant pas étrangère.

Suivant un Michael Keaton en grande forme, « Birdman » suit la vie d’une star à la carrière déclinante tentant maladroitement de revenir sur le devant de la scène, ne le lâchant qu’à de très rares occasions. La caméra donne vie à ses angoisses et à ses obsessions. Le tout dans un gigantesque ballet dont la construction narrative rappelle sans cesse une session de jazz, le rythme frénétique et les percussions accompagnant magistralement les montées de tension d’un Keaton au bord de l’explosion.

Une approche brillante, risquée, reposant sur une poignée de plans-séquences liés en une seule et unique entité par la magie de l’outil numérique, en parfaite adéquation avec le métier d’acteur qui consiste à trouver son propre flow, sa propre vérité. La mise en scène incroyable d’Innaritu est ainsi une véritable leçon de cinéma.

Birdman n’est peut-être pas le grand film qu’il aurait dû être, la faute principalement à une écriture sans nuance, mais ose au moins quelque chose, force le respect par sa maîtrise technique, et ne devrait laisser personne indifférent. Ce qui est déjà énorme à l’heure d’un cinéma affreusement formaté.

Et on s’amuse beaucoup de cette extraordinaire mise en abîme d’un film sur une pièce de théâtre, film joué par des acteurs de cinéma qui jouent des acteurs de cinéma qui se prennent pour des acteurs de théâtre. Et un metteur en scène qui se moque des blockbusters et critique Hollywood en se servant des méthodes d’Hollywood dans l’espoir de faire de cet anti-blockbuster un vrai blockbuster. Cette spirale nous prend et nous projette dans un univers fantasmagorique qui ressemble finalement tellement à la réalité !

 

4- Seul sur Mars

seulmarsHasard du calendrier, la semaine où la NASA annonçait officiellement avoir trouvé de l’eau sur Mars, Ridley Scott sortait son nouveau film sur un homme égaré sur la planète rouge après avoir été volontairement abandonné par ses équipiers, le croyant mort dans une tempête. Le dernier film du réalisateur du cultissime « Blade Runner » n’offrait pas de grandes perspectives,  surtout aprés les sorties presque suivies des deux excellents films sur l’espace que sont Gravity et Interstellar. Et pourtant…

Seul sur Mars s’affranchit vite de son étiquette « film dans l’espace » pour se transformer un survival opposant la science et la conscience. Mélangeant habilement le spectaculaire et l’intimiste, le film se démarque à travers sa soudaine vivacité apportée par un humour immédiat, retransmis par la cool-attitude du personnage principal : Marc Watney, incarné par un Matt Damon offrant ici le Robinson Crusoé idéal. Donnant une image ludique comblée par une esthétique léchée embrassant les paysages martiens rendus par une 3D fabuleuse, le film dégage également un humanisme dominant. Watney rebondit d’astre en astre, il est solitaire et pourtant solidaire, parfois même touchant lorsqu’il laisse passer la science comme le personnage principal du film, laissant son destin dirigé par le hasard.

Impliquant un kaléidoscope de personnages, « Seul Sur Mars » fonctionne également à merveille à travers son humour, le transformant quasiment en aventure décontractée du vendredi soir. Le comique, intelligemment utilisé, évite également toute lourdeur, assurant la fluidité du récit. L’histoire décolle à une vitesse grand V, assumant pleinement un visage irrévérencieux mais baignant dans le souci du détail de Ridley Scott, interrogeant la faisabilité de cette histoire avec le réel.

Entre l’utilisation (peut-être un peu trop) de l’humour et la tension palpable, « Seul Sur Mars », fait l’éloge de la solidarité et de la débrouillardise et offre une euphorie rarement vue dans un tel film de survie.

 

3- Kingsman

kingsmanAprès nous avoir livré l’électrique Kick Ass, Matthew Vaughn se lance dans une nouvelle adaptation de comics où il nous fait suivre la formation d’un jeune espion pour le compte de l’agence britannique Kingsman.

Très plaisant à suivre, « Kingsman » déborde de bonnes idées et propose son lot de séquences mémorables, à l’image d’un massacre au son de Free Bird de Lynyrd Skynyrd, de l’entrée au bar ou d’un final totalement explosif. Vaughn ne laisse rien au hasard et prend le soin de bien dévelloper ses personnages et de tisser des liens entre eux, on s’intéresse facilement à eux et notamment aux agents Kingsmen, le méchant diabolique tellement « James Bondien » dans son approche ou encore de sa virevoltante secrétaire. Les références « pop » sont peu à peu distillées sans prendre trop d’importance, et alors qu’on aurait pu craindre que le film se noie dans les clichés, il arrive à se trouver une identité propre.

Très bien écrit, « Kingsman » trouve surtout ses qualités dans la réalisation qui déborde d’idées visuelles et dispose d’une mise en scène percutante, à l’image de sa façon de mettre en images les scènes d’action. Il fait preuve d’un réel savoir-faire pour ne pas fatiguer le spectateur et arriver à alterner avec des séquences plus posées, servant plus l’histoire. Et enfin, c’est aussi dans ses interprétations que le film est une réussite, avec notamment un royal Colin Firth dont le sérieux, le flegme et la classe contrebalancent avec son côté violent, tandis que les autres acteurs, de Taron Egerton à Samuel L. Jackson (qui zozote !!!) en passant par Mark Strong et le mythique Michael Cane, sont au moins aussi heureux que nous d’être là et c’est un vrai bonheur communicatif.

Débordant d’idées ingénieuses, parfois complètement barrées et bénéficiant d’excellentes interprétations, Matthew Vaughn nous a livré, une fois de plus, un divertissement de haute volée.

 

 

2- Inside Out (Vice-Versa)

vice versaLe studio Pixar ayant connu une période creuse depuis 2010 et son nostalgique Toy Story 3, le mythique studio est revenu en 2015 avec une aventure pour le moins originale.

L’idée : Entrer dans la tête d’une gamine à l’aube de l’adolescence, histoire de voir ce qui s’y passe. Et pour illustrer tout ça,  le réalisateur et scénariste du film Pete Docter a eu la fantastique idée de personnifier 5 sentiments censés représenter une grosse partie des émotions humaines : la Joie, la Peur, la Colère, le Dégoût et la Tristesse.

Vice-Versa renoue avec l’âge d’or du studio, tout simplement parce qu’il suscite l’émotion et parle au coeur, tout en explorant des pistes nouvelles et une idée forte : le voyage dans les couleurs de la vie et de ses émotions. Jaune, bleu, vert, violet et rouge, pour la joie, la tristesse, le dégoût, la peur et la colère. La petite Riley naît et sa jeune vie, sous l’emprise presque tyrannique de la Joie, demeure simple et agréable. Mais elle grandit, et ses émotions, d’abord élémentaires, se complexifient, chacune tour à tour cherchant à prendre la barre du vaisseau de la petite fille. La perte de ses repères suite à un déménagement déstabilise Riley, prise au piège de ces émotions contraires contre lesquelles elle se débat.

La chute de Joie et Tristesse du centre de commandement sera le prétexte pour les artistes de Pixar à nous inviter dans une odyssée au coeur de notre moi intérieur et de nos sentiments. Des couloirs de la bibliothèque de nos souvenirs qui prennent la forme des méandres du cerveau à la fabrique des rêves semblable à un studio hollywoodien, de l’innocence enfantine aux passions qui nous construisent, ce voyage insoupçonné au cœur de nous-même nous a émerveillé et nous a fasciné, tant certains concepts abstraits sont utilisés avec malice et facilité. Cet univers, incroyablement riche et bien pensé, permet au studio Pixar de revenir au premier plan, non d’un  point de vue technique, mais par leur imagination, leur subtilité et une histoire impeccablement bâtie et, surtout, accessible.

 

1- Mad Max

madmax

Contrairement aux nombreuses grosses productions actuelles qui consistent à n’être que pour la plupart des films de commande par les studios Hollywoodien, Mad Max : Fury Road résulte d’une véritable envie de la part de George Miller. Le projet d’un 4eme Mad Max ne date d’ailleurs pas d’hier, car l’idée germait dans son esprit depuis 1997. Et c’est après moultes péripéties que George Miller a marqua son grand retour au front, plus en forme que jamais et bien décidé à nous en mettre plein les mirettes !

Et le pari était loin d’être gagné, il faut avouer également qu’il était risqué de redonner vie, 30 ans plus tard, à ce héros devenu mythique, surtout quand on voit le nombre de suites issues des plus grandes sagas cinématographiques ressortir trente ou vingt ans plus tard et se planter royalement (Jurassic World *kof* *kof*).

Heureusement pour nous, le pari fut une véritable réussite, car ce Mad Max : Fury Road sent bon le film « old school » pur jus. C’est un véritable plaisir de voir cette course-poursuite grandeur nature prendre vie devant nos yeux. George Miller réussi à puiser ce qui faisait l’essence même de sa trilogie Mad Max. Certes le scénario ne vole pas très haut. Mais le film transpire d’une véritable furia. Que cela soit ses courses-poursuites ponctuées de cascades à couper le souffle, ses véhicules customisés en véritables engins de mort et ses héros (et héroïnes surtout !) à l’esprit guerrier confrontés à des êtres complètement fous ayant soif de morts héroïques tels de bons kamikazes; tous les ingrédients qui ont nourris nos souvenirs et fait le succès des anciens films se retrouvent dans Mad Max : Fury Road !

Bref, une écriture rarement vue dans un blockbuster, des plans devenus cultes (le guitariste quoi !), une bande son décoiffante et une image splendide font que Mad Max : Fury Road est le premier de notre classement.

 

 

 

 

 

Mention spéciale : Tomorrowland

Tomoland

Apres l’échec pas mérité de John Carter en 2012, Disney remet le couvert avec Tomorrowland et ses 130 millions de perte. On pourrait se dire que c’est normal, Tomorrowland n’étant pas un chef d’oeuvre, pas même un grand film. C’est d’ailleurs même presque curieux de constater à quel point il laisse une impression périssable une fois la projection terminée. Ses thématiques effleurent à peine le spectateur, son univers ne persiste pas, ses enjeux s’évaporent sans bruit…

Pourtant, on ne peut pas retirer à Brad Bird un sacré sens de la mise en scène. Certains plans sont accrocheurs, la mise en scène est percutante, parfois ébouriffante, sans jamais être « too much ». Et surtout, le ton de son film détonne, on y retrouve un fun très vintage dans l’esprit des années 60. Tomorrowland est une sympathique fable écologique teintée d’une certaine nostalgie fort rafraîchissante sur l’espoir d’un meilleur avenir pour le monde. Certes, c’est un sujet déjà vu et revu qui peut sembler naïf mais c’est plutôt agréable dans le contexte de morosité actuelle et essentiel pour les (petits et grands) enfants d’aujourd’hui.

Mais Tomorrowland manque malheureusement d’une réelle substance. Les trois quart du film ne sont qu’une longue introduction, certes mouvementée et dynamique, mais sans enjeux. Et une fois enfin parvenu au cœur du récit, on découvre un méchant presque ennuyé d’en être un, une opposition entre un vieil inventeur acariâtre et de la jeune enthousiaste manquant d’alchimie.

Tomorrowland est un film impeccable sur la forme, mais totalement raté sur le plan narratif. Il reste néanmoins  agréable à regarder et offre une petite bouffée d’air pur dans la sinistrose actuelle. Et surtout, il s’agit vraiment d’un film original, et en ces temps, c’est trop rare !

 

 

 

Vous aurez remarqué que Star Wars n’est pas dans le top, c’est pas un oubli mais la sortie du film étant encore en cours à l’étranger, il fera partie du top de 2016. Ah oui, et ne cherchez pas Jurrasic World et Fast and Furious 7, c’est vraiment trop mauvais ! (Malgré leurs nombres d’entrées records respectifs).

Et vous ? Votre top, c’est quoi ?

 

 

Nicolas

Nico, 27 ans, touche-à-tout professionnel depuis 15 ans. Je n'ai pas vraiment de spécialité, je m'intéresse vraiment à tout. (et peut-être même à ta soeur). Sinon, j'aime les FPS, les (MMO)RPG, les STR, les simulations, bref, tout ! (Sauf Dark Souls, c'est trop dur !)

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