Les Maîtres du Jeu : Shigeru Miyamoto

layoutmaitrejeuOn continue notre petit tour des personnalités importantes avec surement le plus connu (et le plus populaire) des game-designers nippons. 

 

Il était une fois…

 

Avant Mario, il y avait le banjo ! (et Kazooie !)
Avant Mario, il y avait le banjo ! (et Kazooie !)

Shigeru Miyamoto est né et a grandi à Sonebe, une petite ville située dans la banlieue de Kyoto le 16 novembre 1952. Durant son enfance, il se prend de passion pour le lecture et les mangas. Ses parents, jugeant l’influence des bandes dessinées néfaste sur leur progéniture, se mirent à lui mettre des conditions d’horaire à la lecture. C’est comme ça que le petit Shigeru se voit obligé de trouver des nouveaux passe-temps. Il va vite se prendre d’affection pour le montage et l’animation de marionnettes… En plus de ça, il va commencer à dessiner et à jouer de la musique. Véritable petit génie, il va vite se retrouver à maîtriser tout ces hobbies. Son talent pour le dessin le conduiront même à lancer un club dans son école dans lequel les membres s’adonneront exclusivement à la création de dessins animés.

Une fois âge de 18 ans, Shigeru décide de partir vers le centre de Kyoto pour y poursuivre son cursus scolaire. Il choisit de rejoindre l’université de Kanazawa Munici qui regroupe les métiers des beaux-arts et les métiers industriels et prend l’option pour se former au métier de designer industriel. N’étant absolument pas attentif au cours, il se lasse vite de ces études et il lui faudra cinq longues années pour obtenir son diplôme et quitter son école.

Une légende s’éveille

 

Avant les consoles, il y avait ça chez Nintendo !
Avant les consoles, il y avait ça chez Nintendo !

Une fois son précieux diplôme dans la poche, Shigeru ne sait toujours pas quoi faire de sa vie professionnelle. Il choisit, par défaut, des boulots dans comme designer automobile ou encore dans l’électroménager mais à chaque fois, il n’y restera pas longtemps. Shigeru veut créer de nouveaux projets, de trouver de nouvelles idées et il désirait particulièrement faire partager ses idées à l’industrie du jouet. Il retourne alors à Sonebe dans la maison familiale et demande un piston de son père. Effectivement, Miyamoto senior connaissait un des plus gros industriel de l’archipel, Hiroshi Yamaushi, le président du groupe Nintendo. Il décrochera un entretien qui ne se passera pas bien du tout. Heureusement pour lui (et pour nous), Yamaushi lui donnera une seconde chance. Nous sommes en 1977 et Shigeru Miyamoto est engagé chez Nintendo.

A cette époque, Nintendo n’était pas le fabricant de console de jeu que nous connaissons à l’heure actuelle. Le groupe s’occupait principalement de jouets divers comme des voitures éléctriques, des cartes à jouer, etc… Des paquets de jeux qui ne pouvait que satisfaire notre jeune ami… Dans un premier temps, Shigeru est cantonné à confectionner le dessin des emballages suivra, en 1979, la première incursion de Miyamoto dans le jeu vidéo. Nintendo lui demandant de designer des consoles d’arcades (pour d’autres constructeurs). Nintendo, voyant que le jeu vidéo pouvait devenir un fameux business ( notamment grâce au succès des jeux Pong et Space Invaders sur le territoire japonais), mit en place une équipe de designers pour créer leur propre machine. Shigeru est dans l’équipe et il y voit une opportunité unique de montrer toutes ses idées.
Les premiers pas de Mario et de Donkey Kong
Les premiers pas de Mario et de Donkey Kong

En 1980, le premier projet de l’équipe fut un jeu nommé RadarScope qui fut abandonné durant le concept. L’équipe enchaîna sur un jeu Popeye pour les bornes d’arcade. Les échos fut plutôt positifs et l’ardeur de Miyamoto au travail fut récompensée. Le président de Nintendo lui confie la direction d’un nouveau projet. Shigeru se mit à travailler et créera un jeu où un incarne un petit charpentier du nom de Jumpman tentant de délivrer une princesse prisonnière d’un gorille. Le primate essayant de vous en empêcher en balançant des tonneaux sur des plates-formes que le joueur doit enjamber. Le succés est total, toutes les bornes sont vendues… Et sans le savoir, Shigeru Miyamoto venait d’inventer deux de ses personnages qui le suivront toute sa vie : Mario et Donkey Kong.

 

 

 

Niveau suivant !

 

Fort du succès des bornes d’arcade, Nintendo décide de lancer sa propre console de salon. Nous sommes en 1983 et la Family Computer (ou Famicom ou Nes) débarque dans les maisons nippones. En 1984, Shigeru obtiendra sa propre équipe appelée Joho Kaihatsu (l’équipe de divertissement) avec laquelle il travaillera par la suite sur de nombreux jeux Nintendo. Lee jeu qui lancera réellement les ventes de la Famicom fut Mario Bros qui vu le jour un beau matin de 1985. Tiré de son jeu d’arcade Donkey Kong (qui sortit par la suite sur console en 1986) Miyamoto a voulu en faire une mascotte. Mais il avait pensé aux joueurs qui seraient deux à se lancer dans l’aventure de Mario et il a donc créé un frère, Luigi. C’est de là que viendra le diminutif « Bros » qui signifie Brother (frère). De charpentier, il deviendra plombier, puisque ce que l’une des mécaniques majeures du gameplay se fera avec des gigantesques tuyaux dans lesquels on peut descendre récolter des items ou encore passer à la suite du monde.  Les idées de Miyamoto fusent dans tout les sens s’inspirant du folklore mondial ou même tout simplement de la télévision et du cinéma. Il s’inspira, par exemple, du roman de Lewis Caroll, Alice au Pays des Merveilles, pour créer les champignons qui permettront à Mario de changer de taille.
Sans Tom Cruise, pas de Link !
Sans Tom Cruise, pas de Link !

 

Mais le succès ne freinera pas les envies de notre ami. En 1987, après la vision du film « Legend » (avec l’une des premières apparitions de Tom Cruise au cinéma), Shigeru décide de créer un jeu s’inspirant de ce film. Et c’est ainsi que le cultisme Legend of Zelda vit le jour. Les points communs avec le film sont nombreux. Le même univers héroic-fantasy, presque le même nom, les niveaux souterrains s’inspirant des décors du film, et j’en passe… Mais le génie de Miyamoto sera d’y glisser des éléments totalement personnels, sa maison d’enfance (en particulier la cave) servira donc également d’inspiration dans la création du jeu. De nouveau, le jeu est une réussite commerciale et critique. Miyamoto révolutionne la création vidéoludique en s’inspirant des plus grands chef d’œuvres de l’animation et du cinéma. Mais cela ne lui enlève en rien l’ingéniosité qu’il porte à chaque jeu, notre homme s’inspirant pour donner une certaine trame à l’aventure et une accessibilité rapide. La console est commercialisée pendant 7 ans et rentre dans l’histoire. La manette qui avait été désignée par Shigeru Miyamoto et Gunpei Yokoi ayant également contribué au succès. La Famicom est vendue à plus de 60 millions d’exemplaires ce qui en fait à ce jour l’une des consoles de salon les plus vendues de tout les temps.

 

 

 

 

Et c’est pas fini !

 

La Super Famicom
La Super Famicom

En 1990, débarque l’évolution de la Famicom, la Super Famicom (Super Nintendo dans nos contrées). Cette console est presque entièrement développée par l’équipe de Shigeru Miyamoto. Véritable petit bijou technologique, la console corrige les points faibles de la Famicom. Mais ce n’était pas tout. Pour vendre cette nouvelle machine, il fallait des jeux… Et devinez qui a on encore appelé ? Et c’est ainsi qu’il travailla sur la suite de Mario Bros, Super Mario World. Le jeu impressionne et fait définitivement de Miyamoto le numéro 1 chez Nintendo.

Starfox était une véritable révolution à l'époque (ne riez pas !)
Starfox était une véritable révolution à l’époque (ne riez pas !)

Mais Miyamoto n’est pas content, la nouvelle technologie ne lui permet pas encore de réaliser un de ses objectifs : Créer des jeux en 3D. La Super Famicom (malgré sa puce graphique et son mode 7 qui permettait de simuler la 3D) ne peut afficher que de la 2D. Vous pensiez que ca allait vraiment arrêter notre ami ?  Bien sur que non ! Il concevra le Chip Super-FX qui sera implanté directement dans les cartouches de jeu. Ce système permettant de créer une vraie 3D, un autre titre culte en profitera pour faire son apparition, le mythique Starfox ! Véritable démonstration technique à l’époque, ce jeu, encore une création de Miyamoto, deviendra un classique et sera plébiscité par les joueurs et la presse.

Mentionnons également que le design de la manette Super Famicom avait eu droit à une attention particulière de Miyamoto. Il savait que pour révolutionner et faciliter du même coup le développement de jeu de combat, il devait créer plus de bouton que sur NES. C’est ainsi qu’il créa les boutons L et R qui sont désormais devenus un standard tant cette innovation fut parfaite. 45 millions de super Nintendo seront vendues à travers le monde.

A l'époque, pas de Wi-Fi ni de Bluetooth !
A l’époque, pas de Wi-Fi ni de Bluetooth !

Un an avant la sortie de la Super Famicom c’est la première console portable qui voit le jour, développée et dirigée par Gunpey Yokoi, la fameuse GameBoy. Shigeru Miyamoto invente alors une innovation sans pareille, le fameux Cable Link, qui vous permettait de jouer à deux sur deux Gameboy reliées à un câble et de vous affronter. Une véritable innovation à l’époque ! Mais si dans la création de la console en elle-même, Miyamoto n’apporte pas de changements majeurs, une décision qu’il prendra fera vendra ses petites consoles portables par camion de part le monde.En 1992, un homme démarche les plus grandes sociétés de jeux afin de vendre une nouvelle idée. Tout le monde lui ferme la porte au visage, personne n’y croit, jusqu’au jour ou il vient frapper chez Nintendo. Miyamoto qui s’occupe alors de trouver de nouvelles idées et de superviser les projets de jeux va trouver le concept de cet homme tout simplement génial. Le nom de cet homme ? Mr. Satochi Tajiri, le créateur de Pokémon.

De cette rencontre va naître un jeu sans précèdent, alliant fun et innovation. Le premier jeu sort sans vraiment de publicité mais c’est grâce au bouche à oreilles que le succès va être phénoménal. Grâce au Cable Link, s’échanger les Pokémons dans la cours de récréation devient un phénomène de société
Bref Shigeru Miyamoto sait reconnaître les bons concepts des mauvais et sait créer des accessoires pour en profiter encore plus, il prouve une fois de plus au monde entier qu’un jeu sans promotion particulière peut marcher à condition que ce soit révolutionnaire… et Pokemon l’était.

 

 

 

Miyamoto 64

 

Quelques années plus tard en 1996, c’est la Nintendo 64 qui sort. Il révolutionne toute une génération de jeux et offre enfin au monde la célèbre suite, Super Mario 64. Mais à travers la console, c’est aussi la manette qui révolutionne l’industrie. Les qualités des designs de Miyamoto servent à nous offrir le premier pad bénéficiant d’un stick analogique, une véritable évolution de l’ergonomie. La forme de la manette fut pour beaucoup inspirée par celle du Virtual Boy (Casque virtuel créé par Nintendo et Gunpei Yokoi qui fut un échec).
La N64 fut la console qui rapporta le plus d’argent à Nintendo (malgré certaines idées reçues), elle se sera vendue à plus de 40 millions d’exemplaires dans le monde.

Le maître et (quelques de) ses créations
Le maître et (quelques de) ses créations

Bien plus tard en 2001 sort la Gamecube, Miyamoto offre encore des jeux sensationnels et une manette à couper le souffle. Pikmin est l’une de ses plus grandes idées, et pour lui, sa
meilleure réussite. L’idée du jeu, il l’a eu en jardinant… Depuis la N64, il supervise les projets, il dicte ses conseils ou réoriente un jeu quand celui-ci prend un mauvais chemin. Il ne s’implique plus autant qu’avant dans la création mais sa touche est toujours là, il souhaite que le jour où il devra prendre sa retraite, ses équipes de développements ne soient plus dépendantes de lui.

Devenu maintenant le visage public de Nintendo, Miyamoto est une véritable icône, un véritable génie qui a su évoluer en même temps que son média. Il a réussi à créer des personnages transgénérationnelles, des mécaniques de jeu mille fois reprises, du hardware cent fois copiés et personne n’a jamais réussi à l’égaler…

 

Du fond du coeur, merci pour tout Monsieur Miyamoto !

Nicolas

Nico, 27 ans, touche-à-tout professionnel depuis 15 ans. Je n'ai pas vraiment de spécialité, je m'intéresse vraiment à tout. (et peut-être même à ta soeur). Sinon, j'aime les FPS, les (MMO)RPG, les STR, les simulations, bref, tout ! (Sauf Dark Souls, c'est trop dur !)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :