Internet gratuit : Une utopie ?

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Un Internet libre, gratuit et de qualité est-il possible ?

Il était une fois…

 

Ami lecteur, l’heure est grave. Notre média est en train de mourir. Plutôt, il est train de grandir et de devenir adulte et malheureusement pour nous, il le fait avec une certaine violence. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de revenir un peu en arrière… Je souligne que je vais parler uniquement de la presse vidéo-ludique qui est en général précurseur sur les autres mais le propos s’applique de façon plus global sur la presse en général.

Gen 4 et son légendaire "Teignard"
Gen 4 et son légendaire « Teignard »

Il y a quelques années, lorsque nous voulions une information ou nous renseigner sur les nouveautés, nous allions dans une librairie ou une bibliothèque et nous achetions un livre. Outre le vendeur qui gagnait quelques deniers, de par ce geste, nous rémunérions également les rédacteurs, les correcteurs, bref, toute une rédaction et c’était logique pour tout le monde. Puis nous avons eu la démocratisation du web et là, l’hécatombe a commencé. Un nombre incalculable de sites web regorgeant d’informations a vu le jour. Des informations plus rapides, plus nombreuses, plus pratiques et surtout, pour l’énorme majorité, totalement gratuites ont de plus en plus mis à l’écart la presse papier. Et ils sont nombreux les magazines a avoir mis la clef sous la porte… Gen4, PC Jeux ou encore Consoles +, tous ont succombé…

Quand à la presse internet, ça marchait pas trop mal… Des revenus augmentant en parallèle avec le lectorat avec la publicité et des informations mises à la disposition de tous gratuitement. Tout semblait aller dans le meilleur des mondes, jusqu’à maintenant…

 

 

Il est une fois…

 

Maintenant, parlons-en ! Si vous surfez régulièrement sur les internets, vous avez surement entendu parler du rachat de www.jeuxvideo.com par le groupe Webedia (qui dispose déjà de Allociné et de Purepeople). Il faut savoir qu’à ses heures de gloire, jeuxvideo.com était un des sites les plus visités en Europe avec plus de 4 millions de visiteurs par mois. Malheureusement pour eux, la fréquentation du site commença à diminuer de façon plus en plus régulière. Couplée à l’utilisation de plus en plus habituelle des programmes bloqueurs de publicités de type AdBlocks, cette diminution engendra un manque de rentrées financières pour le site. De plus, les annonceurs préfèrent maintenant passer par des youtubeurs du type Cyprien pour vendre leurs produits que par les sites internets (l’impact est plus grand, mais j’y reviendrais dans un autre article).

Jeuxvideo.com devait donc évoluer si il ne voulait pas mourir de sa belle mort et le rachat par Webedia fut acté. Le ton du site changea presque instantanément et se dirigea vers des « news à clics » du style TOP 10 et le publi-rédactionnel (C’est à dire rédiger un article ou un billet suivant un canevas proposé par un annonceur). Mais « JVC » n’est pas le seul à avoir du évoluer, Gameblog travaille beaucoup en interpellant les gens et les faisant voyager vers Buzzfeed et sa viralité. S’adapter ou mourir, c’est même ce qui s’est passé avec jeuxvideo.fr fermé en mai 2015 aprés plus de 13 années de loyaux services.

 

 

 

Il sera une fois…

 

Si Dinowan et MiniBlob vous manque
Si Dinowan et MiniBlob vous manque

Et aprés ? Il faut commencer à changer nos habitudes et, en schématisant, à nous préparer à deux types de sites. D’un côté, vous aurez des sites comme jeuxvideos.com qui fonctionnera uniquement avec de la publicité et des liens sponsorisés mais qui manqueront cruellement de sens critique et surtout de légitimité. Comment avoir confiance dans un site qui testera un jeu du studio Ubisoft si ce même studio paye bien cher pour avoir des bannières partout sur le site ? On ne coupe pas la main qui nous nourrit (et c’est assez logique).

De l’autre, vous aurez des modèles économiques comme Gamekult et son premium ou encore ExtraLife (fondé par des anciens de jeuxvideos.com et qui souhaite vivre uniquement des dons). C’est à dire que vous aurez accès à du contenu gratuit mais pour les articles de fond, il faudra passer à la caisse. Le gros avantage de ce système est que l’intégrité d’une rédaction sera totale étant donné que les rentrées financières seront assurés par les lecteurs.

Donnez, donnez, donnez nous !
Donnez, donnez, donnez nous !

Aux Etats-Unis, la mouvance est bien entamée. Alors que AOL décida de fermer deux sites qui leur appartenait (WowInsider et Massively), des membres des rédactions concernées ont alors choisi de faire appel au financement participatif et lançaient un kickstarter. Le succès fut total et récolta plus de 76 000 dollars. Ils existent aussi deux sites fonctionnant avec patreon.com (Un site où les gens payent mensuellement une petite somme d’argent pour un organisme, une personne, etc…). Blizzard Watch récolte 12 400 dollars par mois de cette façon alors que Touch Arcade arrive à 7800 dollars. Dans ces deux cas, la publicité reste toujours présente sur le site mais de façon moins intrusive mais la balance est équilibrée et les rédactions arrivent à vivre et à faire vivre leurs employés. Malheureusement, le marché francophone demeure encore frileux pour ce genre de système. Indiemag.fr a essayé… Résultat : 1000€/mois, et c’est trop peu pour arriver à nourrir son équipe.

Et au milieu de tout ça, il vous restera les blogs, les sites tenus par des passionnés qui fonctionnent uniquement avec l’amour du partage comme moteur, et ça c’est beau !

(Par contre, si vous avez un ticket resto, je suis pas contre)

 

Nicolas

Nico, 27 ans, touche-à-tout professionnel depuis 15 ans. Je n'ai pas vraiment de spécialité, je m'intéresse vraiment à tout. (et peut-être même à ta soeur). Sinon, j'aime les FPS, les (MMO)RPG, les STR, les simulations, bref, tout ! (Sauf Dark Souls, c'est trop dur !)

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