Emily is away

EIA

Aaaaah, Internet et les années 2000 ! Si vous avez connu cette période, il ne fait nul doute que Emily is Away vous fera écraser une petite larme (et pas que de nostalgie…)

 

Carte d’identité

Emily is Away

Type : Dating Simulator
Éditeur : Kyle Seeley
Date de Sortie : 2015
PEGI :
Plateformes :

Windows-icon  

 

Sorti gratuitement il y a peu sur Steam, Emily is Away est présenté comme un jeu de drague interactif et est relayé au rang de dating simulation. Le but de ce style de jeu, dont le public nippon raffole tout particulièrement, est de parvenir à manipuler quelques demoiselles dans l’espoir de ravir son cœur (et bien souvent, en profiter pour lui palper les nichons). N’étant pas fan de ce genre de jeu, je me suis quand même attardé sur Emily is Away. Et que j’ai bien fait ! Emily is Away porte un autre regard sur ce genre et bordel, ça fait du bien !

Il est très difficile de ne pas s’identifier au personnage tant les situations présentées touchent le vécu probable de toutes les générations discutant par messagerie, d’hier comme d’aujourd’hui. A chaque phrase échangée, le joueur se verra offrir la possibilité de choisir l’une des trois réponses proposées afin d’orienter la discussion, ce qui permettra d’explorer et de faire évoluer sa relation avec la fameuse Emily. A partir d’ici, il est, pour moi, totalement impossible de critiquer le jeu sans spoiler tant l’interprétation que le joueur en fera dépendra principalement de son vécu personnel. Vous continuez donc la lecture à vos risques et périls.

 

 

Emily is online

 

Nostalgie, douce nostalgie...

Nostalgie, douce nostalgie…

Au niveau des graphismes, Emily is Away est très facile à prendre en main. Le jeu est divisé en plusieurs chapitres qui se présente sous la forme de l’écran de démarrage de Windows XP. Chaque chapitre correspondant à une année. Une fois le chapitre sélectionné, un petit choix d’avatar pour votre compte de messagerie instantanée vous sera présenté et c’est parti ! Immédiatement, Emily vient vous parler et vous devez lui répondre. Pour ce faire, un choix de trois phrases vous est proposé. A vous de sélectionner la réponse qui vous semble la mieux adaptée pour faire évoluer votre relation. Toutes personnes ayant manipulé un ordinateur durant les années 2000 trouvera vite ses repères avec l’environnement proposé.

D’une durée d’une demi-heure (le jeu est GRATUIT ! Donc une demi-heure de jeu gratos, on s’en plaint pas svp, c’est pas Ubisoft qui ferait ça), le jeu aurait pu être encore plus court si le joueur ne devait pas réellement taper sur son clavier pour faire apparaître une à une les lettres de ses réponses. Il est évident que ce choix de gameplay, à défaut d’être amusant, a été fait pour renforcer l’immersion du joueur dans l’histoire. Le fait de devoir attendre permet réellement de se retrouver émotionnellement « bloqué » dans le jeu. Très vite, on retrouvera l’excitation des réponses trop lentes et la frustration de voir sa correspondante effacer les réponses et de ressentir son hésitation.

Un pseudo et on part pécho !

Un pseudo et on part pécho !

L’immersion est donc totale et certaines réponses sont même arrivées à me faire décrocher un bête sourire devant mon écran . Si vous n’êtes pas réfractaires à la langue de Shakespeare, Emily is Away est, je le répète, gratuit et mérite totalement d’être fait au moins une fois afin de découvrir par soi-même le message fort qu’il porte, en retranscrivant même jusqu’à l’hésitation du personnage incarné par l’écrit. Emily is Away est une véritable expérience vidéoludique à ne pas rater !

 

 

 

A nos actes manqués

 

Après avoir fini Emily is Away et lu la dernière phrase de nos multiples conversations, le premier sentiment qui s’est fait ressentir était un puissant sentiment de frustration. Le duo avait eu au fil de ces cinq années de chat des périodes de hauts et de bas qu’il était pour moi impossible que nos deux protagonistes ne termine pas ensemble. Les voir ainsi devenir deux inconnus séparés par la distance et par la vie m’a procuré un sensation d’échec qui était aux antipodes des sentiments habituels que finir un jeu vous procure.

Pour une fois, ne pas aimer Coldplay ne vous servira à rien

Pour une fois, ne pas aimer Coldplay ne vous servira à rien

De suite, le réflexe est de se demander quelles « mauvaises » réponses ont été données, ne pas réussir à séduire la fille étant perçu comme un échec et un contre-pied total aux objectifs habituels. Mais, en recommençant le jeu encore et encore, en modifiant ses réponses, en jouant le grand frère protecteur, le blasé fini ou le fils de pute par excellence, le résultat sera inéluctablement le même : le joueur ne pourra jamais conquérir Emily. C’est ici que vous vous rendez compte d’une chose, il ne s’agit pas d’un jeu à embranchements. Les réponses importent peu : les cinq années auront le même résultat sur la relation du duo de façon implacable. Ce jeu et son semblant d’interactivité ne sont ici que des moyens de raconter une tranche de vie.

L’image qui m’est venu directement en tête est ce principe « d’amis contextuels » : ces personnes qu’on apprécie et qu’on côtoie au quotidien durant les études ou encore le travail, mais dont on se séparera petit à petit dès qu’on ne les verra plus jusqu’à ce qu’ils deviennent des parfaits inconnus. On peut également interpréter que le regret n’a pas vraiment sa place tant nos décisions n’influent pas toujours, ou qu’au contraire, il faut agir à des moments précis et oser pour voir des situations évoluer. On pourra également se questionner sur l’amitié homme/femme qui n’a pas toujours comme finalité « une mise en couple ».

Chacun en tirera sa propre leçon de vie qui fera probablement écho à un souvenir personnel. La première partie offre une réelle illusion en faisant vivre au jour le jour les événements, et on s’amusera beaucoup de cette relation naissante. En effet, le joueur tentera toujours, inconsciemment, de séduire Emily comme objectif alors que ce but n’est mentionné nul part. En lançant Emily is Away, c’est le joueur, et lui seul, qui se fixe comme but ultime de séduire Emily, comme si c’était, ici, la seule relation possible, ce qui soulève des interrogations sur les réflexes inconscients du rapport entre les hommes et les femmes, autant en relations humaines qu’au travers d’un aspect ludique, renforcé ici par ce qui ne semblait être que la légèreté d’un jeu vidéo.

 

Les raisons d’y jouer Les raisons de réinstaller Adibou 2
Bien plus intelligent qu’il n’y parait Non, franchement, je vois pas
Bourré de petites références à la culture des années 2000
C’est gratuit !

 

Nicolas

Nico, 27 ans, touche-à-tout professionnel depuis 15 ans. Je n'ai pas vraiment de spécialité, je m'intéresse vraiment à tout. (et peut-être même à ta soeur). Sinon, j'aime les FPS, les (MMO)RPG, les STR, les simulations, bref, tout ! (Sauf Dark Souls, c'est trop dur !)

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